Une marque France pour Internet ?

La marque France s’invite au cœur de tous les débats de la campagne présidentielle. La réflexion  touche tous les secteurs de l’alimentaire, au textile ou encore de l’automobile.

Peut-on étendre le débat au secteur des télécoms et imaginer une marque France pour Internet ?

En quelques mots, Internet c’est Google, Apple, iphone… quelques marques qui ne fleurent pas trop le terroir. Mais en creusant un peu, la réalité n’est pas si radicalement … anglo-saxonne.

En simplifiant, Internet c’est à la fois : une infrastructure télécom, du matériel (ordinateurs, serveurs, tablettes…), des applications et aussi des utilisateurs !

Pour ce qui concerne l’infrastructure, même si le déploiement est trop lent, la France se dote de réseaux de fibre optique. Cet investissement pour une infrastructure performante et moderne est indispensable pour  désenclaver les territoires et donner aux entreprises les moyens de se développer.  Le raccourci semble rapide  entre haut débit et développement, mais n’oublions pas que ce fut le même phénomène avec l’électricité.  Les collectivités locales mettant en place des Délégations de Service Public sur la fibre ne s’y trompent d’ailleurs pas.

Côté centres de données, il est vrai qu’avec une petite centaine de datacenters  ouverts aux entreprises, l’offre française est franchement en deçà des besoins actuels et futurs. Et c’est peu dire si on tient compte de la vétusté des installations existantes en termes de puissance électrique (densité) ou sécurité. De plus de nombreux phénomènes aggravent cette lacune : la tendance à l’externalisation des données et des infrastructures avec le Cloud Computing et la prise de conscience du risque d’héberger ses données à l’étranger (notamment dans des contextes juridiques inconnus ou flous). Il est clair que les grands centres urbains devront intégrer ce nouveau type d’investissement s’ils veulent conserver leurs entreprises et surtout les emplois…

Si l’on passe rapidement sur le volet matériel, la technologie française existe, et de plus sur des niches de haute technicité… Mais elle ne semble pas conquérir les utilisateurs français : question de design ? de coût de production entre main d’œuvre et composants ? ou encore de prime aux leaders historiques ? Difficile de décrypter les raisons profondes  de cette désaffection pour le matériel français.

Côté applications ou usages, force est de constater le développement du e-commerce, des services sur Internet ou la multiplication des projets en incubateurs ou pépinière dans le secteur numérique. Le développement de l’open source et l’émergence de nouvelles filières étudiantes et aussi  la naissance d’un goût pour l’entrepreneuriat y sont pour beaucoup.  Cependant reste encore pas mal de chantiers à lancer tant sur le financement de l’innovation, le développement des PME et le développement des compétences – sans oublier l’attrait des compétences internationales que met à mal la circulaire Guéant du 30 mai 2011 concernant les jeunes diplômés étrangers.

Le programme des investissements d’avenir, le travail d’Oseo et certaines filières universitaires commencent à poser les jalons de l’Internet à la française mais le constat reste encore un peu pauvre. La marque France pour Internet reste encore à créer ! Mais elle porte un fort potentiel de croissance et d’emplois.