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La qualité d’un datacenter est liée à l’optimisation de sa consommation électrique

Même si les exploitants s’en défendent, l’augmentation des tarifs de l’énergie électrique a remis «à plat» le mode de fonctionnement traditionnel  des datacenters.

Initialement pour des raisons de délais de mise sur le marché et d’économie d’investissement, le concept du datacenter restait calqué sur celui des  salles informatiques. Les investissements étaient focalisés sur les équipements  techniques : climatiseurs, transformateurs électriques, onduleurs…et leurs back-ups. Pour les bâtiments, le modèle était  la réfection d’espace «bureaux ».

Cette approche a depuis quelques années dépassé ses limites, et ce pour plusieurs raisons :

Le trop faible rendement électrique de ces installations

Rappelons ici les exigences d’un datacenter en d’énergie électrique. Pour délivrer une alimentation de 1kVA aux serveurs hébergés, il fallait compter 1kVA supplémentaire pour la climatisation et le double pour chacun de leur système de sécurisation. Donc une baie de 10 kVA impliquait une disponibilité de 40 kVA.

Le coût de cette énergie électrique

Initialement ce coût était insignifiant, mais depuis maintenant quelques années nous assistons à une augmentation annuelle et continuelle entre 5 et 7 % de cette énergie dans le monde : c’est-à-dire qu’en 4 ans le prix  du Kilowatt « a pris » plus de 25 % d’augmentation, et tout laisse à penser que cette escalade va continuer (Source Reuters).

Qualité de service garantie dans le temps

Par définition, l’hébergement de serveurs est une démarche qui s’inscrit dans la durée. Pour un opérateur de Datacenter cela signifie qu’il doit calculer son budget de fonctionnement  pour plusieurs années, alors que plus grand montant échappe entièrement à son contrôle : le coût de Kilowatt.
Dans ce contexte,  pour maintenir en condition opérationnelle leurs offres,  les opérateurs de datacenter n’ont que deux solutions: soit ils augmentent régulièrement leurs tarifs pour absorber cette inflation, soit ils «rognent» sur d’autres dépenses  en  acceptant de dégrader la qualité de leurs services d’hébergement. La première approche étant généralement contractuellement impossible, il ne reste que la seconde. Il est paradoxal de constater que c’était justement pour éviter cette dégradation de la qualité de l’environnement de ses serveurs que le client  avait choisi d’externaliser ses serveurs dans un centre informatique professionnel.
Ne soyons pas défaitistes, car non seulement des solutions existent et elles sont même déjà commercialisées. Leurs implémentations ont permis de générer des économies d’énergie conséquentes pour une même capacité d’hébergement grâce à :

  1. La refonte des procédés de refroidissement des datacenters avec l’utilisation de ressources moins onéreuses, les ressources naturelles comme l’air ambiant avec le free-cooling
  2. L’utilisation d’onduleurs à inertie à la place de batteries (moins consommateur d’énergie électrique pour leur maintien en condition opérationnelle)
  3. Une optimisation de l’utilisation de certains équipements par la mutualisation de leur fonction pour tout le Datacenter

En résumé, nous pouvons considérer que pour un client le gage de la qualité d’un datacenter est sa capacité à optimiser l’utilisation de l’énergie électrique pour l’hébergement de serveurs informatiques.

François Barre
Ingénieur Commercial Datacenter CELESTE

Vue d'architecte du datacenter Marilyn

Vers un nouveau type de datacenter vert

Lancement d’un data-center nouvelle génération : Marilyn

Vue d'architecte du datacenter Marilyn

CELESTE et ENIA Architectes signent un brevet commun pour un data-center nouvelle génération moins consommateur d’énergie. Le premier prototype exploité par CELESTE verra le jour à Marne-La-Vallée en juin 2011.

Fournisseur d’accès Internet pour les entreprises, CELESTE s’est associé avec ENIA Architectes pour développer son nouveau concept de data-center. L’association des deux acteurs s’est concrétisée par un brevet et le projet d’un data-center à Champs-sur-Marne, au centre du futur cluster de l’Est de l’Ile-de-France.

CELESTE et son agence ont su créé l’événement avec ce projet, innovant tant au niveau technique qu’architectural. En effet, le marché des data-centers s’avère vieillissant et peu adapté aux contraintes écologiques de consommation électrique en termes de climatisation pour le refroidissement des salles informatiques. De plus, l’explosion des demandes d’hébergement et d’offres virtualisées implique une pénurie des disponibilités notamment en Ile-de-France.

L’innovation principale de ce projet repose sur la construction verticale du bâtiment. Le data-center fonctionnera en «free-cooling» total avec l’utilisation de l’air extérieur pour rafraîchir les salles serveur. Celles-ci aménagées sur cinq niveaux profiteront d’un effet de tirage naturel et d’une optimisation des rendements aérauliques.

Le gain en consommation électrique totale est estimé à près de 35 %, soit une économie d’environ 6 GWh par an par rapport à un data-center traditionnel. Cette économie représente  la consommation annuelle d’un bâtiment de bureaux classique de 150 000 m² et permet de limiter le rejet de CO2 dans l’atmosphère de 540 tonnes.

Outre les économies d’énergie, cette disposition verticale permet une organisation optimisée du data-center et une limitation des besoins de surface au sol. Cette caractéristique rend ainsi possible une implantation en milieu urbain. Du coup, le coût unitaire au kVA de baie installée dans ce type d’installation est divisé de moitié.

Prévu pour accueillir le siège social et le data-center de CELESTE, le projet est basé sur une surface de totale de 1800 m2. Implanté sur rue, au sein de la Cité Descartes à Champs-sur-Marne, le bâtiment de bureaux se prolongera en deux tours informatiques positionnées à l’arrière de la parcelle en une figure cohérente.

Caractéristiques du projet Data-center
•    1800 m² de shon (900 m² de siège social et 600 m² de centre informatique)
•    Capacité : 200 baies de 5 kVA moyen par baie en première phase.
•    Maître d’ouvrage : CELESTE
•    Maître d’œuvre- architecte : ENIA Architectes
•    BET sous traitants :
– Courants forts et faibles, plomberie, structure, VRD : IOSIS
– CVC : APIS
– Economie : 12 ECO
– Acoustique : LASA

Soutenu par la région lle-de-France, ce projet verra le jour en septembre 2011 mais suscite déjà de nombreux intérêts en France et à l’étranger compte-tenu de ses avantages économiques et écologiques.